News de la franchise
Les services, tendance lourde dans le monde de la franchise
Selon Yves Sassi, directeur associé de l'Observatoire de la franchise, l'évolution la plus remarquable tient à l'essor des services dans la franchise. « Dans les pays anglo-saxons les services ont été présents dès le départ. En France cette nouvelle tendance lourde s'oriente tant vers le service au particulier que vers le service aux entreprises. »
Les lois Borloo ne sont pas étrangères à l'émergence des services à domicile. Pour le service aux entreprises, la tendance à externaliser ce qui n'est pas stratégique se traduit par l'explosion des services informatique et de nettoyage. Et Yves Sassi de conclure par ce conseil aux candidats à la franchise : « Privilégiez les niches, recherchez les réseaux qui apportent du nouveau. Mais n'oubliez jamais qu'un franchiseur n'apporte pas une clientèle clé en main. Il faut aller la chercher. »
« La franchise a facilité ma reconversion »
Claire L'Hostis a quitté un poste confortable pour devenir la toute première franchisée de l'enseigne de vêtements bio, Ekyog.
«Je ne cherchais pas particulièrement à m'installer en franchise, explique Claire L'Hostis. Je voulais davantage d'autonomie, revenir dans ma région, la Bretagne, relever un nouveau challenge. Ma rencontre avec Ekyog a été un véritable coup de foudre, et un pur hasard». Cette ancienne cadre supérieur dans une grande entreprise cherchait une reconversion dans le domaine du développement durable. «Je voulais consacrer 100 % de mon temps à un projet en accord avec mes convictions. J'avais plusieurs pistes pour créer ma société. Mais j'ai eu un coup de cœur pour cette entreprise». La quinquagénaire fait son entrée dans le monde de la franchise en 2006. «J'ai été la toute première boutique à être affiliée au réseau, ajoute la gérante. La marque était pionnière dans le domaine du vêtement bio». Son entreprise, basée à Quimper, a été bénéficiaire dès la première année d'activité. «Je pense que l'on s'en sort mieux avec la franchise. Nous bénéficions d'un business modèle qui apporte un vrai plus en cette période de crise». Résultat, Claire L'Hostis vient d'ouvrir une seconde boutique en décembre 2008 à Brest.
La franchise séduit encore les entrepreneurs
Le commerce en réseau ne cesse de séduire : 1200 réseaux et 49 000 franchisés sont dénombrés pour 2008, des chiffres en constante hausse.
La franchise est une création d'entreprise un peu particulière permettant au créateur d'appartenir à un groupe. Sécurisant, à la fois pour le franchiseur, le franchisé et les banques, ce système fait de plus en plus d'émules. En décembre 2008, les dernières données chiffrées faisaient état de 1200 réseaux et 49 000 franchisés. Ce qui représente une augmentation de 8% par rapport à 2007. «Cette hausse est constante et va se poursuivre, la crise ne changera rien à ça», affirme Yves Marot, conseiller en franchise, auteur de plusieurs ouvrages sur la question et enseignant à l'Université de Bourgogne.
Pourquoi le commerce en réseau fonctionne-t-il mieux que le commerce traditionnel ? «La franchise est un système de réitération de la réussite, explique Yves Marot. Une entreprise, le franchiseur, a réussi dans la mise en œuvre de son concept, plusieurs fois, sur plusieurs lieux et pendant plusieurs années. La franchise apporte les outils de reproduction de la réussite. Mais attention ! Ce n'est pas une garantie de réussite pour autant. C'est une obligation de moyens, mais pas de résultats. Cependant, la franchise apporte des savoirs faire, une assistance et une formation».
Un investissement conséquent
Le commerce en réseau représente un investissement pour le franchiseur comme pour le franchisé. Et l'investissement pour ce dernier n'est pas des moindres. «La franchise apporte un avantage concurrentiel, explique Rose-Marie Moins, responsable de formation et de promotion au sein de la Fédération française de la franchise (FFF). Mais le surcoût se situe à deux niveaux principaux : le droit d'entrée dans le groupe, qui permet l'accès à l'enseigne, et le paiement d'un pourcentage du chiffre d'affaires hors taxe mensuel versé par le franchisé (les royalties). Il représente entre 2 et 5% de ce chiffre». Par exemple, le groupe Le Duff, spécialisé en restauration et boulangeries, demande au locataire gérant un apport de 30 000 euros pour le droit d'entrée. Yves Marot salue ce modèle. «Même si le coût est plus élevé au départ, le retour sur investissement doit être plus rapide, les dépenses se font au service de l'efficacité. Hormis le droit d'entrée et les royalties qui sont déterminés, le franchiseur peut vouloir implanter le magasin à tel endroit, et l'aménager comme il le souhaite. Et cela est pris en charge par le franchisé».
Une prise de risques limitée
Si l'entrepreneur doit davantage investir que dans le commerce traditionnel, sa prise de risque est limitée. Par l'intermédiaire de la marque, le franchisé serait relativement protégé et il prendrait a priori moins de risques. «Cependant, indépendamment de la conjoncture difficile, la création d'entreprises est toujours une opération risquée, avoue Yves Marot. En franchise, le créateur n'aura pas à tâtonner et faire ses expériences pour fonctionner. Il aura un espoir raisonnable de réussite, avec un retour sur investissement plus rapide que dans le commerce traditionnel». Le créateur bénéficie également, dans le cas du commerce en réseau, d'un rapport normalement facilité auprès des établissements bancaires. Les banques, que l'on sent plus frileuse vis-à-vis de la création, «apprécient pour le financement du franchisé d'avoir dans son dossier les résultats des points de ventes existants, par exemple, affirme Yves Marot. L'entrepreneur peut ainsi bénéficier de portes ouvertes par le franchiseur». Ainsi, Norbert Barré, directeur du marché des professionnels et des TPE à la Société Générale ajoute que «le fait d'être accompagné par un franchiseur est un point très positif pour nous, car le dossier du franchisé a été vu et travaillé avec le franchiseur. Néanmoins, un bon projet reste un bon projet».
Vraiment à l'abri?
Mais la franchise recèle aussi son lot d'inconvénients. «Il existe le risque du réseau qui se casse la figure à la suite d'erreurs du franchiseur, par exemple. Par ailleurs, le franchisé peut s'être engagé dans la franchise sans connaître les tenants et les aboutissants de ce système, ses risques et ses obligations. Si la personne rêve de se lancer en franchise parce qu'il ne veut plus de patron, ce système n'est pas la bonne solution, car il aura son franchiseur sur le dos», prévient Yves Marot. Enfin, il existe les risques inhérents à toute entreprise commerciale, avec, en plus, la conjoncture défavorable et la baisse du pouvoir d'achat. «En franchise, on vit la crise comme tout le monde, explique Yves Marot. Le monde de la franchise a toujours beaucoup mieux résisté que les autres. Le concept est peaufiné dans les moindres détails». Ce qui se vérifie dans les chiffres. «Le taux de faillite en franchise est de l'ordre de 20%, affirme Rose-Marie Moins, contre 50% dans le commerce traditionnel, notamment dans les cinq premières années de l'entreprises, qui sont les plus difficiles».
Franchise : une bonne recette anticrise
La récession économique épargne jusqu'ici ce secteur, dont le nombre d'adhérents a encore progressé de 7 % en 2008.
«Ma petite franchise ne connaît pas la crise.» Et si c'était le tube de l'année 2009 ? Car dans un décor économique plutôt triste, la franchise a pour l'instant l'air de bien tirer son épingle du jeu.
Alors que le Salon Franchise Expo doit se dérouler du 13 au 16 mars à Paris, porte de Versailles, les chiffres de 2008 sont tous au vert : «Nous sommes passés de 1 141 réseaux en 2007 à 1 234 en 2008 ; le nombre de franchisés (49 094) a, lui, augmenté de 7 %», détaille Guy Gras, président de la Fédération française de la franchise. Entre juin 2007 et juin 2008, un franchisé sur deux a créé au moins un poste et, après quelques années, les franchisés emploient, en moyenne, près de neuf salariés.
Les enseignes qui ont le vent en poupe ? L'équipement de la personne (textile, chaussures, lunettes), de la maison (déco, ameublement), mais aussi la restauration rapide. «Le développement de ces franchises colle assez bien aux tendances de consommation actuelles : le repli sur soi, dans sa maison, la consommation de besoins strictement essentiels. On prend moins le temps de se faire plaisir à l'extérieur, d'où l'essor de la restauration rapide», analyse Guy Gras.
La cuvée 2009 sera-t-elle aussi florissante que 2008 ? Encore difficile à dire. «Certains secteurs pourraient évidemment être touchés par la crise, comme l'immobilier, le luxe ou encore la restauration à thème… Mais rien n'est sûr», avance Guy Gras. Il y a bien eu quelques annulations pour le Salon, mais elles ont profité aux enseignes qui étaient sur liste d'attente ! Et si on en croit l'étude CSA-Franchise Expo «Qui est prêt à entreprendre en 2009 ?», un tiers des Français affirment avoir envie de se mettre à leur compte et de devenir leur propre patron, en dépit de la conjoncture.
Revenus nets mensuels de 2 500 euros
Sur le terrain, les franchisés rencontrent pour l'instant très peu de difficultés liées à la crise. «Trouver un local n'est pas plus difficile qu'avant ; comme les réseaux s'installent en général en centre-ville ou en centre commercial, c'est-à-dire dans les plus beaux emplacements, les loyers, déjà élevés, sont restés stables», affirme Guy Gras. Du côté des banques, on assure qu'un candidat à la franchise au dossier bien ficelé ne se voit pas refuser de crédit. «Mais les banques sont évidemment plus pointilleuses qu'avant sur le plan de financement», avoue Guy Gras.
Le travail de la Fédération dans les mois à venir va justement être de nouer de «vraies relations de confiance» avec les banques. «En ces périodes difficiles, nous voulons leur montrer que la franchise est attractive pour eux ; après tout, leur métier est de prêter de l'argent ! Avec le franchisé, les banques ont l'assurance de la notoriété d'une marque, d'un réseau, et savent qu'elles prennent moins de risques», affirme-t-il.
Pour 74 % des franchisés, l'ouverture d'une boutique signifie une entière reconversion professionnelle, une seconde carrière en quelque sorte. Les qualités d'un bon franchisé ? «C'est quelqu'un qui aime le métier qu'il a choisi : un franchisé Yves Rocher ne peut avoir le même profil qu'un franchisé Midas ou Maisons Phénix ! Il faut qu'il ait un minimum de passion pour le secteur qu'il a choisi», pense Guy Gras.
Si le critère financier n'est pas le principal moteur du candidat à la création d'entreprise, il n'est pas négligeable : la dernière étude CSA montre que le revenu moyen d'un franchisé, hors capitalisation de son fonds de commerce, est de 2 500 euros net mensuels. Plutôt attractif non ?
« Dans l'immobilier, la franchise est incontournable »
Hélène Caullery n'a pas choisi, au départ, de se franchiser avec Foncia Immobilier. Une franchise qui lui permet de faire face à la crise immobilière.
Avec sa formation de juriste et son expérience dans le commerce, Hélène Caullery cherchait à créer son entreprise et allier ses deux domaines de compétences. «Je voulais démarrer quelque chose dans un secteur que je ne connaissais pas forcément, précise la gérante. La franchise apporte un cadre et m'a permis de bénéficier de la notoriété du franchiseur».
Elle se tourne vers une agence immobilière plutôt familiale et se franchise en avril 2007. L'agence sera rachetée par Foncia. «Je pense qu'au quotidien, la franchise apporte plus que d'être un simple travailleur indépendant. Je me demande comment quelqu'un qui arriverait aujourd'hui sur ce marché très concurrentiel pourrait s'en sortir». Elle estime qu'elle perdrait environ la moitié de son chiffre d'affaires sans la franchise. «D'autres agences indépendantes se franchisent désormais, pour survivre à la crise immobilière».
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